Accra
, 21 avril 2008
— Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la CNUCED, a demandé instamment à la douzième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XII) de trouver cette semaine un accord montrant que la communauté internationale est à nouveau déterminée à agir pour que la mondialisation ait des effets bénéfiques sur les plus pauvres.
Lors de la séance plénière d’ouverture, M. Supachai a souhaité que les 193 États membres couronnent six mois de négociations par un accord complet sur les problèmes les plus urgents. Il s’agit en particulier de s’attaquer aux causes premières de la crise alimentaire actuelle, qui, selon lui, « pourrait réduire à néant sept années d’avancées dans la lutte contre la pauvreté. ». Entre autres impératifs, il faut gérer les risques que les turbulences financières et économiques induisent dans le monde en développement, remédier à la pauvreté qui persiste dans les pays d’Afrique et les moins avancés, répondre aux besoins énergétiques des pauvres sans compromettre la production alimentaire et faire face à la menace que le changement climatique représente pour le développement économique.
« Tous ces problèmes urgents requièrent des réflexions et des approches nouvelles, pour une solution globale. Cette conférence peut envoyer un signal fort et doit donner un mandat à la CNUCED pour qu’elle mobilise l’ensemble de ses moyens intellectuels et opérationnels », a déclaré M. Supachai.
Tous les quatre ans, la conférence ministérielle de la CNUCED traite d’aspects clés du commerce et du développement. Elle définisse parallèlement le mandat et les priorités de travail de cette organisation. Le thème de la douzième session, du 20 au 25 avril, est Perspectives et enjeux de la mondialisation pour le développement.
M. Supachai s’est exprimé à l’ouverture du Comité plénier, qui rend compte de l’examen des questions de fond, et plus particulièrement du texte de négociation pour les conclusions de la conférence.
« Ce forum constitue le cœur de la CNUCED XII, et c’est là que nous devons trouver un consensus sur l’état de l’économie mondiale, les enjeux et les perspectives pour le développement, ainsi que sur les actions appropriées. Le monde entier a les yeux braqués sur cette conférence… Ne le décevons pas », a indiqué M. Supachai.
Ces actions doivent tenir compte de l’évolution considérable du contexte international, dans lequel les pays en développement jouent un rôle économique de plus en plus vital. Leur part dans le commerce mondial est passée de 29 à 37 % entre 1996 et 2006, attestant de la vigueur des exportations des économies émergentes dynamiques. De plus, les pays en développement intensifient leurs relations économiques réciproques : sur la dernière décennie, les échanges Sud-Sud ont quasiment quadruplé, à plus de 2 000 milliards de dollars, soit 17 % du commerce mondial. Il en va de même pour l’investissement et la finance, car ces pays attirent davantage de capitaux, mais étoffent aussi leurs investissements extérieurs.
Ces changements imposent « d’adapter notre réflexion sur le développement et d’élaborer des stratégies innovantes. Le renforcement de la coopération économique entre pays en développement doit être une priorité », a affirmé M. Supachai.
Dans son discours, le Secrétaire général a souligné que le Ghana, qui accueille la conférence, a pu réduire la pauvreté de ses habitants, élargir sa participation au commerce international et attirer l’investissement étranger : « Le Ghana a montré qu’avec des politiques adéquates, de bonnes institutions et des conditions externes favorables, la mondialisation peut être mise au service du développement ».
Les membres de la CNUCED ont commencé à débattre du texte de négociation pour les conclusions de la CNUCED XII. Les négociations visant à dégager un consensus se poursuivent à Accra dans le cadre des séances journalières du Comité plénier, dont la clôture est prévue pour le 25 avril.