Genève
, 2 avril 2008
— Limiter les répercussions d'une éventuelle récession mondiale et veiller à ce que les pays en développement et les populations les plus pauvres tirent parti des avantages de la deuxième vague de mondialisation, tels sont les objectifs de la de la douzième session de la Conférence sur le commerce et le développement (CNUCED XII)i, organisée à Accra au Ghana du 20 au 25 avril 2008.
La Conférence, dont le thème est Perspectives et enjeux de la globalisation pour le développement, tentera également d'identifier les politiques susceptibles de répondre aux besoins les plus pressants des populations des pays en développement. Elle débattra aussi de questions d'actualité en matière de commerce et de développement, telles que l'établissement de règles et de disciplines dans le domaine de l'activité financière et des flux monétaires qui soient d'une nature analogue à celles qui régissent le commerce international.
La CNUCED XII rassemblera des chefs d’État et de gouvernement, dont les Présidents du Ghana, M. John Kofi Agyekum Kufuor, du Brésil, M. Luiz Inacio Lula Da Silva, de la Finlande, Mme Tarja Halonen, du Sénégal, M. Abdoulaye Wade, et de la Turquie, M. Abdullah Gül; ainsi que des ministres, des délégués, des représentants du secteur privé et d’organisations non gouvernementales, des experts, des artistes et des journalistes.
Depuis septembre, les représentants des 193 États membres de la CNUCED s’efforcent de trouver un consensus sur le texte qui devra être adopté à Accra. Ce texte de négociation expose leur vision des réponses à apporter aux grandes questions économiques d’actualité et définit les priorités du programme de travail de la CNUCED pour les quatre prochaines années. Les négociations, intenses, se poursuivront à Accra au sein d’un Comité plénier.
Créée en 1964, la CNUCED est chargée d'aider les pays en développement à s'intégrer de façon équitable dans l’économie mondiale en tirant le meilleur parti des possibilités de commerce, d'investissement et de développement. Ses travaux visent à orienter le débat et la réflexion sur des questions globales de développement afin que politiques nationales et action internationale concourent à générer un développement durable. Elle est la seule organisation du système des Nations Unies à traiter les questions de développement de manière intégrée.
L’Afrique sera à l’honneur de la Conférence d’Accra (voir UNCTAD/PRESS/PR/Accra/2008/017). Lors du débat de haut-niveau (21 avril), intitulé "Commerce et développement pour la prospérité de l’Afrique: actions et orientations", les chefs d’État et de gouvernement débattront des mesures à prendre pour que les pays africains puissent mieux profiter des fruits de la mondialisation et de ce qu’il convient de faire pour renforcer les engagements de la communauté internationale envers la promotion d’une croissance économique et d'un commerce équilibrés en Afrique. Ces discussions seront présidées par le Secrétaire Général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, et modérées par le Secrétaire général de la CNUCED, M. Supachai Panitchpakdi.
Le débat général (21-24 avril), retransmis en direct sur Internet, permettra aux Chefs d’État, de gouvernement et de délégations d’exprimer leur point de vue.
Dans le cadre du Forum mondial de l’investissement (18-21 avril), des chefs de grandes entreprises et des responsables politiques examineront l'impact de l'IED sur le processus de mondialisation (Voir UNCTAD/PRESS/PR/Accra/2008/018). Trois sessions seront organisées avec l'Association mondiale des organismes de promotion des investissements (WAIPA). Elles porteront sur:
- Les perspectives de l’IED et les nouvelles opportunités de marché.
- Les chaînes de valeur mondiales.
- L’Afrique : un nouveau marché émergent pour l’IED.
Il y aura aussi un débat entre dirigeants mondiaux sur la nouvelle dynamique de l'investissement en faveur du développement (21 avril) qui sera inauguré par le Secrétaire Général de l'ONU. Il leur reviendra notamment d'évaluer les nouvelles opportunités et les défis qu'engendrent les changements rapides en matière d'investissement, en particulier l'essor des entreprises des économies émergentes.
La Première dame du Ghana, Mme Theresa Kufuor, remettra le Prix 2008 de la Femme chef d’entreprise (21 avril), à l’une des dix finalistes du concours organisé par la CNUCED. Sélectionnées par un jury international d'experts, les candidates ont en commun d’être originaires d’un pays en développement, de diriger l'entreprise dont elles sont propriétaires et d'avoir bénéficié de la formation et des conseils dans le domaine de l’entreprenariat dispensés par le programme Empretec de la CNUCED (voir UNCTAD/PRESS/PR/Accra/2008/021).
Le volet Afrique de l'Annuaire sur l'investissement dans le monde (World Investment Directory: Africa) de la CNUCED (sous embargo jusqu'au 18 avril 17h TU) sera lancé à Accra lors d’une conférence organisée le 18 avril au centre de presse de la CNUCED XII. Outre de compiler les données statistiques de l'IED pour chaque pays, l'annuaire propose une analyse détaillée des dernières tendances de l'IED en Afrique dans un contexte international nouveau, marqué par une hausse spectaculaire du prix des produits de base et par un climat plus attractif pour les investisseurs étrangers originaires des pays développés et en développement (voir UNCTAD/PRESS/PR/Accra/2008/019).
La CNUCED et WAIPA organiseront également un atelier sur le renforcement des capacités pour l'investissement (18 avril).
Le premier jour de la Conférence, la CNUCED présentera une compilation de données statistiques qui devrait bousculer bien des certitudes sur la mondialisation. Intitulé "Development and Globalization: Facts and Figues", ce document permettra de suivre les débats chiffres en main.
Le premier rapport multi-institutions sur les industries créatives intitulé : Rapport sur l'économie créative 2008 : le défi d'évaluer l'économie créative: vers une politique éclairée, sera présenté à Accra le 20 avril par le Programme des Nations Unies pour le développement et la CNUCED dans le cadre d’une conférence de presse. Ce rapport, sous embargo jusqu’au 20 avril 17h TU, propose une analyse inédite en s’appuyant sur une évaluation économique et statistique des industries créatives dans le monde ainsi qu’une vue d’ensemble de ce que les pays en développement pourraient faire pour mieux profiter du commerce des produits et des services de ce secteur afin de mieux répondre à leurs besoins de développement (voir UNCTAD/PRESS/PR/Accra/2008/020).
La création sera sous les feux des projecteurs avec la tenue d’une série de manifestations s’inscrivant dans le cadre d’une initiative de la CNUCED, Afrique créative, qui cherche à valoriser la diversité des talents et la vigueur des industries créatives en Afrique. Ces événements sont organisés en partenariat avec le gouvernement du Ghana, des artistes africains et Agoralumière international, une organisation à but non lucratif qui milite en faveur de la promotion d’une économie créative panafricaine à travers la diversité culturelle (http://www.creative-africa.com). Au programme :
- Un dialogue sur la protection et la promotion de la diversité de l'expression culturelle en Afrique. Ce dialogue s'intéressera aux initiatives en cours en matière de développement des industries créatives africaines, et mettra l'accent sur la nature spécifique de ce type de biens et de services et sur le lien entre culture et développement. (21 avril)
- Une exposition d’art contemporain, organisée en coopération avec la Biennale de DAK’ART, permettra d’admirer les œuvres d’artistes de renommée internationale : Ludovic Fadairo (Bénin), Joel Mpah-Dooh (Cameroun), Bill Kouelany (Congo), Freddy Tsimba (République démocratique du Congo), Jacques Samir Stenka (Côte d'Ivoire), Brahim El-Anatsui (Ghana), Abdoulaye Konaté (Mali), Bruce Onobrakpeya (Nigéria), Souleymane Keita (Sénégal), Sokey Edorh (Togo).
- Un défilé de mode avec le camerounais Anggy Haif qui allie des matières naturelles comme le raphia aux textiles modernes, le couturier Alphadi du Niger qui sillonne l’Afrique afin d’y dénicher des talents et convaincre les décideurs que la mode peut être un important facteur de développement. Egalement présent, le designer d'avant-garde, Kofi Ansah qui a choisi de "rentrer au pays" après avoir travaillé avec les plus grands, afin de contribuer au développement de l'industrie ghanéenne de l'habillement.
- Un concert avec Youssou N'Dour du Sénégal, dont la musique, le Mbalax, mêle rythmes et louanges, propres aux griots, aux consonances et arrangements afro-cubains ; Femi Kutti qui a repris le flambeau de l’afro-beat, un mélange de funk, de jazz et de musiques traditionnelles africaines; Kojo Antwi du Ghana qui mélange la musique d'Afrique de l'Ouest avec le rythm'n' blues afro-américain; ainsi que la troupe de rappeurs africains, AURA.
- De la danse avec l’Ensemble de danse du Ghana, qui allie danse traditionnelle et contemporaine; et la danseuse afro-orientale, Dina Tallat, très connue en Egypte.
La Conférence permettra également d’entendre les vues de la société civile. Un texte de position sera élaboré pendant le Forum de la société civile (17-25 avril). Considérant que cette dernière a un rôle très important à jouer dans les actions à mener pour atténuer la pauvreté et tendre vers un développement humain durable, la CNUCED travaille avec ces acteurs du développement de sorte d’enrichir ses travaux d’analyse et de recherche, favoriser le consensus et faciliter ses activités opérationnelles.
Aperçu des tables rondes thématiques
- Mondialisation, développement et réduction de la pauvreté: dimensions sociales et incidences sur les questions de parité. La persistance de vastes écarts de revenus, aussi bien entre les pays qu’à l’intérieur des pays, montre que le consensus qui a prévalu au cours des 25 dernières années, axé sur la libéralisation des marchés et la flexibilité des prix, n’a pas permis d’appréhender les aspects les plus complexes de la mondialisation. D’où la nécessité de trouver un équilibre entre des marchés mondiaux ouverts, l’autonomie des politiques nationales et les engagements commerciaux et financiers.
- Mettre en place un environnement institutionnel propice à un accroissement de l’investissement étranger et à un développement durable. Cette table ronde s’intéressera aux mesures à prendre par les pays en développement pour encourager des formes d’investissement étranger direct qui leur permettent d’acquérir de nouvelles technologies, de disposer d’une main d’œuvre plus qualifiée et d’instaurer des partenariats entre des sociétés étrangères et des entreprises locales.
- Le renouveau des produits de base au XXIème siècle. Question à l’ordre du jour: Comment faire en sorte que les pays en développement à faible revenu, dont l’économie repose sur des produits de base, puissent profiter de la récente hausse des prix pour dégager suffisamment de revenus et se mettre sur la voie d'une croissance soutenue?
- L’émergence d’un nouveau Sud et le commerce Sud-Sud en tant que vecteur de l’intégration régionale et interrégionale pour le développement. Ces dernières années, la mondialisation a été marquée par l’émergence d’un nouveau Sud. La vitalité de pays comme la Chine, le Brésil et l’Inde, ouvre de nouveaux marchés, crée des débouchés commerciaux et alimente l’accroissement de la demande. Les participants à la table ronde se demanderont si ce nouveau Sud pourrait devenir un moteur de la croissance mondiale en cas de ralentissement dans les pays développés et comment le commerce Sud-Sud pourrait jouer un plus grand rôle dans la lutte contre la pauvreté.
- Mobiliser les ressources et mettre à profit les connaissances pour le développement. Le savoir, la technologie et la croissance économique sont de plus en plus interdépendants, mais combiner ces trois éléments dans les pays en développement est une tâche herculéenne. La table ronde s’intéressera en particulier aux mesures à prendre pour réduire les obstacles actuels aux transferts de connaissances.
- Contribution de la gestion de la dette au commerce et au développement. Au programme, l’éventualité d’une nouvelle crise. Elle pourrait être l’une des répercussions de la crise des prêts hypothécaires à risque et d’une éventuelle récession aux États Unis. Il revient aux gouvernements et à la communauté internationale de veiller à ce que cette dette soit gérée de telle sorte que les pays puissent disposer de suffisamment de ressources pour répondre à des besoins essentiels tels que la santé et la lutte contre la pauvreté.
- Développer les capacités de production dans les pays les moins avancés. Le taux de croissance record enregistré dans les 49 pays les moins avancés (PMA) ne s’est pas traduit par une réduction de la pauvreté ni par une diversification des exportations. D’où leur forte vulnérabilité aux chocs et crises à répétition. Cette table ronde sera consacrée à la nécessité d’accorder la priorité, à la diversification des activités économiques, à l’investissement et à l’adoption de nouvelles technologies.
- Renforcer la CNUCED et son rôle en matière de développement.
- Renforcer la CNUCED, son impact et son efficacité institutionnelle.
Depuis plus de quarante ans, la CNUCED est chargée d’aider les pays en développement à s'intégrer de façon équitable dans l'économie mondiale en tirant le meilleur parti des possibilités de commerce, d'investissement et de développement. Face à un environnement international en rapide mutation, le mandat et le rôle de la CNUCED sont plus pertinents que jamais. La CNUCED milite en faveur de plus de cohérence et d'équité dans les décisions internationales. Sa force vient de son approche intégrée des questions de développement et de la cohérence structurelle qui articule ses trois principaux domaines d’activité : la recherche, la formation de consensus au niveau intergouvernemental et les activités de coopération technique.
Pour plus de détails sur le programme de la CNUCED XII, le No 15 de CNUCED News : http://www.unctad.org/en/docs/iaosmisc200721_en.pdf
- Conférences précédentes: CNUCED XI : São Paulo, Brésil, 2004; CNUCED X : Bangkok, Thaïlande, 2000; CNUCED IX : Midrand, Afrique du Sud, 1996; CNUCED VIII : Cartagena de Indias, Colombie, 1992; CNUCED VII :Geneva, Suisse, 1987; CNUCED VI : Belgrade, Yougoslavie, 1983; CNUCED V : Manile, Philippines, 1979; CNUCED IV : Nairobi, Kenya, 1976; CNUCED III : Santiago, Chile, 1972; CNUCED II :New Delhi, Inde, 1968; and CNUCED I : Genève, 1964.