Genève
, 2 avril 2008
— L’établissement de stratégies contribuant à réduire le nombre des pays les moins avancés (PMA), les 49 pays les plus pauvres de la planète, sera l’un des thèmes majeurs de la douzième session de la Conférence sur le commerce et le développement (CNUCED XII), organisée à Accra au Ghana du 20 au 25 avril.
Cette réunion survient alors que les PMA éprouvent toujours des difficultés à améliorer leur niveau de vie et à créer des emplois, et ce, malgré le rythme élevé d’une croissance économique attisée par la montée en flèche des prix des produits de base. Une table ronde, sur le développement des capacités productives dans les PMA (24 avril), permettra de discuter de la façon de surmonter les obstacles à la croissance et de consolider les progrès économiques réalisés au niveau national, par le biais d’une augmentation de l’investissement, d’une amélioration de la productivité dans les secteurs économiques clefs et d’une croissance de l’emploi.
Le renforcement de la capacité des pays les plus pauvres à tirer profit du commerce et des investissements internationaux fait partie des principales questions qui seront abordées durant la CNUCED XII, dont le thème principal est "Perspectives et enjeux de la mondialisation pour le développement".
L’économie de la plupart des PMA repose sur les exportations de produits de base, y compris le pétrole brut, les métaux et des produits manufacturés simples comme les vêtements. Ces pays sont aussi souvent tributaires du tourisme, ce qui les rend très vulnérables aux perturbations et crises courantes. Les politiques élaborées jusqu’à maintenant n’ont pas permis de générer le type de croissance économique qui crée suffisamment d’emplois, en particulier des emplois bien rémunérés et productifs. Les PMA ont activement besoin d’un développement à long terme de tous les secteurs de l’économie.
Depuis que l’ONU a créé le statut de PMA en 1971, seuls deux pays, le Botswana en 1994 et le Cap-Vert cette année, ont cessé d’être considérés comme tel. Un recul de quatorze ans nous permet de dire que l’expérience du Botswana est encourageante, surtout parce que ce pays fait partie de l’Afrique subsaharienne, comme l’immense majorité des PMA. Des stratégies comme celles que le Botswana a adoptées sont parmi celles qui seront examinées à la CNUCED XII. Celle-ci étudiera aussi le rôle que joue la communauté internationale dans la réalisation des besoins des PMA, par exemple en accordant une aide accrue et en donnant plus d'importance au renforcement des capacités productives de ces pays.
Le Botswana avait la chance d’avoir des diamants, mais les précieuses ressources naturelles d’autres pays en développement n’ont pas toujours permis d’accomplir des progrès dans tous les secteurs économiques ou de réduire la pauvreté. Les recherches et analyses effectuées par la CNUCED indiquent qu’une stratégie plus vaste, axée sur le développement des capacités productives, devrait être adoptée. Il faudrait diversifier les activités économiques en renforçant l’investissement et en favorisant l’adoption de nouvelles technologies.
Pays enclavé comptant 1,8 million d’habitants, le Botswana a vu son produit intérieur brut (PIB) croître en moyenne de 6,1 % par année entre 1996 et 2006. En 2006, le commerce des diamants a généré des revenus d’environ 3,7 milliards de dollars des États-Unis. Le Botswana exporte maintenant du cuivre et du nickel (17 %), des textiles (7 %) et des produits carnés (2,5 %). Les efforts de diversification concernent surtout les exportations de cuir, de verre et de bijoux. Les activités minières continuent toutefois de dominer l’économie, représentant 87 % des exportations en 2006 et 39 % du PIB. L’État demeure le principal employeur, avec 38 % des emplois du secteur formel de l’économie botswanaise.
Le Gouvernement botswanais a canalisé ses efforts sur une gestion efficace des bénéfices exceptionnels provenant des mines de diamants et a réservé une partie de cet argent pour aider les entreprises nationales extérieures au secteur minier. Il a aussi rapidement augmenté les dépenses publiques affectées à des domaines sociaux, comme l’éducation et les soins de santé, ainsi qu’aux infrastructures, comme le réseau routier, l’eau, l’énergie et les télécommunications. Un programme de travaux publics exigeant une main-d’œuvre abondante a contribué à réduire le chômage, et un programme d’exploitation des terres arables a permis d’accroître les revenus des agriculteurs dotés de ressources limitées.
Grâce à la politique d’aide financière, adoptée en 1982, des entreprises locales ont reçu des dons. Il s'agissait en particulier de sociétés à forte intensité de main-d’œuvre, nombre d’entre elles étant des petites et moyennes entreprises (PME). Des études ont démontré que la croissance économique des PMA était souvent freinée par l’absence d’entreprises intermédiaires. Les entreprises sont en effet soit très grandes, soit très petites. C'est dans l’économie parallèle que se trouvent les petites entreprises, alors que, dans les économies florissantes, la plupart des emplois sont créés par des PME.
Certains problèmes particuliers aux PMA demeurent d’actualité et pourraient faire l’objet de discussions à la table ronde. Les plus pauvres n’ont guère bénéficié de la croissance économique. Environ un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et habite en grande partie dans des régions rurales. Le secteur agricole a grandement besoin que des sommes soient investies dans de nouvelles technologies permettant d’augmenter la productivité, tout comme dans la recherche et le développement. Enfin, le Botswana occupe le second rang des pays du monde en ce qui concerne le taux de prévalence du VIH chez les adultes (24,1 %), ce qui a des répercussions négatives sur la population, la main-d’œuvre et les indices de développement humain.