Communiqué de presse
Text non officiel destiné à l'information
UNCTAD/PRESS/PR/Accra/2008/020/Rev.1

Un rapport, des débats, de la musique africaine, une exposition d’art africain et un défilé de mode illustreront la contribution de l’économie créative au développement

Accra , 20 avril 2008  — 

Le vaste héritage culturel et artistique du monde en développement − dans les domaines de la musique, de la peinture, de la danse, de l’artisanat et de la mode − n'est pas seulement précieux, c'est aussi une chance considérable pour la croissance, la création d’emplois et l’intégration sociale.

Les pays en développement disposent d’un énorme potentiel dans le domaine de l’économie dite créative. Elle est tirée par un chiffre d’affaires toujours croissant de plusieurs milliards de dollars généré par les industries créatives.

Le premier rapport pluri-institutionnel sur l’économie créative intitulé : Rapport sur l'économie créative 2008 : le défi d'évaluer l'économie créative: vers une politique éclairée, sera présenté par la CNUCED et le Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD) lors d'une conférence de presse le 20 avril, organisée dans le cadre de la douzième session de la Conférence sur le commerce et le développement (CNUCED XII), qui se tiendra à Accra au Ghana du 20 au 25 avril.

La CNUCED XII, dont le thème est "Perspectives et enjeux de la mondialisation pour le développement", sera aussi l'occasion  de braquer les projecteurs sur la peinture, la musique, la danse et la mode africaines, via "L’Afrique créative", une initiative de la CNUCED.

En jeu, des revenus importants et une contribution potentielle au développement. D’après le Rapport sur l’économie créative, les gouvernements avisés pourraient aider les producteurs nationaux de "contenus" créatifs à prendre une part croissante d’un marché mondial en expansion de plus de 8 % par an depuis 2000, et qui est passé d'un total de 227,4 milliards de dollars É.-U. en 1996 à 424,4 milliards de dollars É.-U. en 2005. Au cours de cette période, la part des produits en provenance des pays en développement est passée de 29 % à 41 % des exportations créatives mondiales, pour s’établir à 136,2 milliards de dollars É. U. en 2005. Actuellement, la Chine est le numéro 1 mondial des exportateurs de biens créatifs, suivie par l’Italie et les États-Unis. L’Inde, la Thaïlande et le Mexique comptent également parmi les 20 premiers exportateurs mondiaux.

Le commerce des produits de l’économie créative est en plein essor en raison de l’accroissement de la demande mondiale de biens et services combinant héritage culturel, arts, médias, services créatifs et produits de création avec le commerce, la culture et la technologie. Chacun a sa place, mais il faut néanmoins travailler à accroître les capacités créatives de la plupart des pays en développement et à réduire les contraintes extérieures et intérieures.

Le rapport est le fruit des travaux menés par la CNUCED, le Groupe spécial pour la coopération Sud-Sud du PNUD, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et le Centre du commerce international (CCI).

Il propose une vision d’ensemble du commerce mondial des biens et services, qui connaît une expansion rapide et dont l’éventail est vaste : arts traditionnels, artisanat, livres, journaux, peinture, musique et arts du spectacle mais aussi les produits axés sur la technologie (films, design, œuvres audiovisuelles, télévision et radio), et produits issus des "nouveaux médias" (animations numériques et jeux vidéo). Globalement, les produits de la création ont représenté 3,8 % du commerce mondial total en 2005. La prospérité croissante, qui fait naître une demande accrue de produits de divertissement, et les progrès technologiques, qui facilitent la diffusion de produits créatifs, donnent à penser que le secteur devrait continuer d’être florissant et de se développer.

Les pays en développement, en particulier, devraient trouver dans les industries créatives un terrain propice à la croissance, d’après le rapport. L’artisanat représente actuellement 60 % de la valeur de leurs exportations créatives. Le design et les nouveaux produits des médias − parce que la notion de distance n’entre pas en ligne de compte dans la livraison de produits de ce type grâce à Internet − offrent de vastes perspectives aux pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes. Les chiffres recueillis en ce qui concerne les industries créatives à forte intensité technologique et axées sur les services sous-estiment probablement la valeur actuelle de ces produits. La commercialisation et les ventes se rapportant à des manifestations et festivals culturels sont par ailleurs très prometteuses.

Toutefois, la plupart des pays en développement ne disposent ni du savoir-faire ni des capacités d’investissement et de commercialisation nécessaires pour offrir des produits et services créatifs diversifiés et concurrentiels pouvant contribuer à leur commerce et à leur développement. Ils doivent par ailleurs soutenir les petites et microentreprises créatives à même de réduire la pauvreté dans les petites communautés et les zones rurales.

Les exportations des pays en développement sont également freinées par la réticence des institutions régionales et multilatérales à prêter aux industries créatives de ces pays. De plus, les filières de commercialisation et les réseaux de distribution sont concentrés entre un tout petit nombre de grands conglomérats de pays développés. Paradoxe : les pays en développement importent non seulement de la musique étrangère, mais aussi des enregistrements de musique locale. Selon le rapport, le téléchargement croissant de musique à partir d’Internet est probablement en train de transformer cette situation.

L'initiative "l’Afrique créative", qui se tiendra dans le cadre de la CNUCED XII vise à attirer l’attention sur le potentiel considérable et encore largement inexploité du continent dans ce secteur. Elle devrait permettre l'adoption de mesures concrètes susceptibles de promouvoir les intérêts tant des gouvernements que des entreprises. En dépit de ses formidables talents et de son immense patrimoine artistique, l’Afrique a contribué à moins de 1 % des exportations créatives mondiales au cours de la période 2000-2005. Les responsables gouvernementaux et les experts du secteur devraient examiner comment les politiques économiques et commerciales pourraient infléchir cette situation.

Parmi les manifestations prévues dans le cadre de l’Afrique créative figurent une exposition d’objets d’art ghanéens en or ainsi qu’un défilé de mode qui mettra en valeur les créations d’Anggy Haif (Cameroun) et  d’Alphadi (Niger). Il y aura aussi des concerts  avec Femi Kuti (Nigéria) et plusieurs groupes ghanéens, ainsi que des spectacles de danse avec le Ghana Dance Ensemble et le Nigerian National Ballet.

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